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Koko le gorille qui parle

23 Mar

Koko le gorille qui parle de Barbet Schroeder

Sortie 1978, Les Films du Losange

85 min

A partir de 10 ans

En 1978, Koko était une gorille adolescente de 7 ans. Née en captivité au zoo de San Francisco, elle a ensuite été adoptée par Penny Peterson, étudiante en psychologie, qui lui apprend la langue des signes.

Koko connaît 350 signes. Elle peut signer des noms d’objets, d’animaux, des couleurs, mais aussi des sentiments, exprimer des préférences ou encore dire qu’elle a été « bonne » ou « mauvaise ». Penny élève Koko comme une sorte d’enfant monstrueux, lui apprenant non seulement du vocalubaire, mais aussi sa propre notion du bien et du mal. Koko est punie quand elle abîme une des caisses de jouets dans sa cage, Koko doit apprendre que faire du désordre c’est mal.

Barbet Schroeder trace plan par plan la trajectoire déviante que prend Penny : humaniser Koko, projeter sur elle ses propres valeurs morales, humaines, comme une mère sur une enfant, dans cette expérience étrange, en dehors de tout cadre. Koko devient un être mi-animal, mi-humain ; son retour à la vie sauvage est rendu impossible, son intégration au monde des hommes la réduit à une bête de foire, un singe savant. L’espace filmique se réduit à la cage où évoluent Koko et Penny, la première soumise à la volonté de la seconde, enfermée ou tenue en laisse à chaque sortie.

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Cheval de guerre

24 Jan

Cheval de guerre de  Steven Spielberg

Etats-Unis – Inde – 2011 –  2h26 – Couleurs – Vf et Vostf.

Dès 11 ans

Avec ce film Steven Spielberg livre un film d’aventures classique à grand spectacle et rempli de bons sentiments qui semble vouloir trouver le juste équilibre entre l’optimisme de la première partie de sa carrière et le sentiment de perte et la peur de la disparition apparus à partir de La Liste de Schindler.

La première partie du film d’environ 40mn travaille à la création du lien indéfectible entre l’adolescent et le cheval. Un paysan bravache du Devon s’endette en achetant une monture d’attrait au lieu d’un cheval de trait comme nécessaire afin de moucher métaphoriquement son propriétaire terrien qui voulait en faire l’acquisition. La question étant, ce fier étalon acceptera t’il de devenir un digne prolétaire agraire afin de transformer une terre aride et caillouteuse en champ évitant ainsi la ruine et la perte de leur maison à la famille dudit paysan? C’est le jeune fils qui s’attelle à la tache et qui réussit la gageure, évitant à sa famille de se retrouver à la rue. Mais le sort s’acharnant sur eux par l’entremise d’un orage détruisant la récolte, le père verse tribut à l’orage encore plus violent de la guerre qui s’annonce en vendant le cheval à l’armée pour payer ses dettes.
Le cheval Joey vendu à un jeune capitaine arrive sur le théâtre des opérations et va passer de mains en mains au gré des aléas des combats.
Spielberg réussit dans sa première scène de bataille à incarner la boucherie tout en étant suffisamment elliptique afin de ne pas être trop choquant.

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