Archive | décembre, 2013

Compte rendu : le carrefour de l’animation

24 Déc

Retour sur Le Carrefour de l’animation (Forum des Images, 5-8 décembre 2013)

Jack et la mécanique du cœur, de Mathias Malzieu et Stéphane Berla

France, 2013, Sortie le 5 février 2014

EuropaCorp

8 ans

J’ai vu le film ce week-end lors du carrefour de l’animation au Forum des images, dans une salle emplie de trentenaires à mon avis fans du groupe Dyonisos dont le co-réalisateur est le chanteur.

Le film, pour ceux qui ne le savent pas, fut d’abord un livre et un disque, écrit et composé par Mathias Malzieu chanteur dudit groupe pop-rock français. Le bouquin est bien d’ailleurs.

Jack

L’intrigue est assez simple, c’est l’histoire d’un enfant qui naît le jour le plus froid avec un cœur gelé et qui est laissé par sa mère à la sage-femme un peu sorcière qui lui sauve la vie en lui greffant une horloge à la place du cœur et l’élève comme son propre fils. Elle le sur-protège, car tout accès de colère et le fait de tomber amoureux serait mortel pour le petit Jack. Mais la vie ne peut se passer d’amour et un jour Jack rencontre une petite bohémienne qui n’y voit rien sans ses lunettes mais fait tourner la tête et les aiguilles de Jack. Un jour que la terreur de son école s’attaque à lui de nouveau, Jack le blesse et doit s’enfuir. Lors de son voyage il rencontre Georges Méliès avec qui il entreprend de retrouver celle qu’il aime. Le film est un vrai mélodrame d’un amour impossible mais vital, sur fond de graphisme mêlant les univers de Tim Burton et de Michel Gondry avec une pointe de steam-punk Jules-Vernien pour l’univers qu’il déploie, et la présence de deux figures devenues incontournables du passage du 19 e au 20e siècle (Jack l’éventreur et Georges Méliès) et enfin une pointe de Freaks de Tod Browning pour la foire où vit la jeune fille. Le seul défaut de cet univers c’est que s’il était à la marge il y a quelques années, il est aujourd’hui devenu assez mainstream et se renouvelle assez peu avec un côté un peu froid du graphisme des personnages, qui colle néanmoins plutôt bien à la tonalité d’ensemble.

Le film m’a fait penser sans forcément de côté péjoratif à un long clip avec des interludes narratifs faisant avancer l’intrigue. Il y a plusieurs chansons où d’un seul coup les caméras deviennent très mobiles et où le film semble illustrer le propos, être un peu un décor de théâtre. D’ailleurs le casting voix est très marqué car à part Jean Rochefort tous les autres sont des chanteurs (Olivia Ruiz, Emily Loizeau, Cali, J-Higelin, etc) le seul qui m’a agacé c’est grand corps malade avec son slam gothique trainant et appuyé.

Le film va un peu vite ne laissant pas suffisamment l’émotion se mettre en place mais a l’honnêteté de conserver la fin mélancolique.

J’ai passé un bon moment et pour l’âge, je mettrai 8 ans. Ce n’est pas effrayant mais il y a une ambiance mélancolique assez sombre et c’est un mélodrame.




– L’Avant-Première de It’s such a beautiful day
de Don Hertzfeldt 

Un film d’art et d’essai très beau, mais pas pour les enfants. Il mélange animation très simple en quelques traits à la Emile Cohl et intégration d’image live de décors, paysages et un travail visuel de flash de couleurs. On y suit l’histoire d’un personnage malade, qui à cause de sa maladie perd la mémoire et qui nous raconte tant son quotidien que son histoire familiale. Celle-ci tragique apparaît assez incongrue avant que l’on ne comprenne que sa maladie efface une partie de son passé et que le personnage, à travers son imaginaire, reconstruit celui-ci. C’est très émouvant et poétique. Un film d’auteur réalisé seul. Une pépite pour ceux qui veulent faire une proposition qui sort de l’ordinaire. C’était une AV première, je ne connais pas la date de sortie.

 

– L’Avant-Première de Rio 2096, une histoire d’amour et de furie de Luiz Bolognesi

Le film qui a eu le grand prix à Annecy cette année et qui n’a pas encore de distributeur.
On y suit toute l’histoire des peuples en lutte du Brésil de la colonisation à un futur d’anticipation à travers la destinée d’un indien choisi par son dieu pour lutter contre le mal, qui se réincarne de périodes en périodes tout en étant à la recherche de son aimée, qui prend à chaque fois les traits de femmes en lutte. Le film nous transporte ainsi de la colonisation à l’esclavage, la lutte des petits paysans contre l’état et les gros propriétaires terriens, la junte militaire et un avenir peu reluisant. C’est pareil, c’est un film qui n’est pas destiné aux enfants : assez sombre et violent, assez enragé également. J’ai aimé son histoire, moins les graphismes, qui font un peu production séries TV en images de synthèse.

– J’ai assisté également à la séance de Secrets de fabrication de : Tante Hilda.

Il y avait bien sur J-Rémy Girerd, le co-réalisateur Benoît Chieux, le compositeur de la musique et Sabine Azéma. La séance était très intéressante. Si vous désirez faire quelque chose autour du film et que vous ne pouvez avoir J-Rémy Girerd, n’hésitez pas à contacter Benoît Chieu. J’ai trouvé qu’il était le plus intéressant sur la question de la conception, des influences. Il avait pas mal d’exemples à montrer.

Laurent Pierronnet

Le Vent se lève de Hayao Miyazaki

6 Déc

Le Vent se lève de Hayao Miyaz aki

Japon, Animation, 2013, 2h06

Sortie 22 janvier 2014
Walt Disney

Quelques notes sur le film…

« Le vent se lève, il faut tenter de vivre« .

Vers de Paul Valery- (Le Cimetière marin)- cité dans l’incipit.

Un jeune garçon myope rêve d’avions et d’exploits de pilote de guerre. Dans un rêve, il rencontre l’ingénieur Caproni, européen aux longues moustaches (personnage historique, celui-ci a fait partie des pionniers de l’aviation). Très vite, le jeune héros grandit.

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Lors d’un voyage en train, il fait la connaissance d’une jeune fille, qu’il va aider lors d’un terrible tremblement de terre – il semble que Tokyo soit en partie détruite – (la datation n’est pas évidente, serait-ce celui de 1923?). Des feux se déclarent, il l’aide à rejoindre sa famille.

Il perdra sa trace durant deux ans pendant lesquels il travaille comme ingénieur aéronautique. Il semble être une sorte de surdoué et met au point des procédés et techniques qui sont assez bien expliquées dans le film. Avec l’équipe des ingénieurs, ils sont invités en Allemagne pour visiter les usines de « Monsieur Hitler ».

Lorsqu’il retrouve enfin « sa » jeune fille, elle est atteinte de tuberculose et se soigne dans un sanatorium. Tandis qu’il met au point les innovations techniques qui vont révolutionner l’aviation nippone balbutiante, elle le rejoint pour le soutenir, ce qui donne lieu à de jolies scènes de vie de couple. Juste avant de tomber définitivement malade, elle repart au sanatorium afin de ne pas lui imposer sa présence.

Son avion va beaucoup servir son pays, mais les images de cimetières d’avions évoquent aussi celle des milliers de morts japonais. Plus tard, il a réussi sa vie professionnelle mais doit apprendre à « tenter de vivre ».

Miyazaki livre un film avec une très belle animation fluide, des décors toujours aussi somptueux aux tonalités très lisibles : personnages colorés sur fonds en camaïeux, de magnifiques contrastes en particulier la scène du tremblement de terre et les incendies. Le héros par exemple porte un éternel costume couleur parme, rose, ou ocre, qui l’identifie immédiatement.

Par contre, la narration chronologique n’est pas évidente, on se demande souvent à quel moment on est.

Le film porte de nombreuses références à La Montagne magique de Thomas Mann.

C’est un film testamentaire « c’est mon dernier vol avant la retraite, dit l’ingénieur, ingénieur ou artiste, une vie de création dure dix ans » : on ne peut s’empêcher de penser que l’auteur parle de lui.

Le ton est assez nostalgique, sur fond de mélo, c’est l’histoire d’un amour tragique et d’une hécatombe nationale, mais dite avec pudeur et par petites touches.

A quel âge ce film s’adresse? Je dirais 10 ans.

L’histoire est complexe : il faut expliquer la situation historique, la guerre dont il est question au début du film (exploits imaginaires du petit garçon), semble être celle de la Mandchourie. Puis le pacte des forces de l’Axe en 1940 est évoqué, ainsi que l’histoire de la révolution de l’aéronautique japonaise entre 1920 et 1945. Ce film évoque un pan de l’histoire du japon : la mise au point de l’avion utilisé par les kamikazes. C’est un film aérien et atmosphérique : pluie, neige, lumière…

Sa femme tuberculeuse est mourante, elle crache du sang, ce qui peut être un peu traumatisant pour les plus jeunes. J’ajoute que tout le monde fume beaucoup ! Son film ne passera pas en Inde, comme celui de Woody Allen, mais moi, j’aime bien tous ces gens qui fument…

Carine Quicelet

Formation enseignants de maternelle « Ma première séance » au cinéma l’Etoile à La Courneuve

3 Déc

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Par Marielle Bernaudeau

Découvrez son blog la fille de Corinthe