Atelier autour de Le Tableau

28 Sep

Le 17 janvier 2012 un vent artistique déferle sur l’Espace des arts des Pavillons-sous-Bois avec la projection de ce magnifique film d’animation où le sens du tableau dépend de « l’objet tableau », de son auteur et de celui qui le regarde.

Sa réalité d’œuvre d’art réside dans ce triple rapport. Ici les personnages traversent ces trois champs de réalité et nous en sommes le spectateur comme dans une quatrième dimension.

Le Tableau de Jean-François Laguionie

France, 2011, animation, 1h16

A partir de 6 ans

Gébéka films

Animation : ateliers d’art plastique et visite d’exposition

Public concerné : 40 enfants

Durée : 3 heures

Ressources et matériel utilisés : cartons et matériaux de récupération (journaux, revues…), les tableaux de l’artiste

Description :

Le 17 janvier 2012 un vent artistique déferle sur l’Espace des arts des Pavillons-sous-Bois avec la projection de ce magnifique film d’animation où le sens du tableau dépend de « l’objet tableau », de son auteur et de celui qui le regarde. Sa réalité d’œuvre d’art réside dans ce triple rapport. Ici les personnages traversent ces trois champs de réalité et nous en sommes le spectateur comme dans une quatrième dimension.

Nous avions la chance d’avoir ce jour-là l’exposition de l’artiste peintre Jean-Yves Anquetin dans notre galerie Jean-Baptiste Claudot.

Plusieurs ateliers étaient donc mis en place :

–       un atelier Fais comme le peintre avec des cartons et des matériaux de récupération (journaux, revues…) où chaque enfant pouvait faire son portrait, de la peinture, des gommettes, des plumes mais aussi du raphia et du pastel étaient à leur disposition. Il était étonnant de constater que nos jeunes participants avaient mixé dans leurs portraits des clins d’œil au film mais à la manière du peintre présent ce jour.

–       un atelier fresque : dans une partie du paysage du film, les enfants avaient le loisir de poursuivre le tableau en peinture.

–       un chemin de lecture autour de l’exposition de Jean-Yves Anquetin :

Au premier étage de l’Espace des arts se trouve la galerie Jean-Baptiste Claudot et l’artiste peintre Jean-Yves Anquetin y exposait ses toiles.

Nous avons voulu faire une passerelle entre le film d’animation et son exposition propice au regard enfantin…

Deux types d’activités ont été proposés : des questions autour de trois œuvres choisies et des éléments de certains tableaux à retrouver dans l’œuvre intégrale.

En rentrant dans la galerie, les enfants ont été absorbés par la luminosité et l’intensité des couleurs utilisées par le peintre, leur curiosité était grandissante à mesure que les questions tombaient ! A la question « – A quoi vous font penser les arbres ? » (sur le tableau Banlieue rose) « des griffes, des mains, des fourches ou encore du feu » ont répondu les enfants.

A propos du tableau Le château, à la question de l’utilité du noir, une petite fille d’à peine 6 ans m’a répondu très clairement « bah ça sert à pousser les objets en avant ».

Quelle évidence de la plasticité des éléments et de leur but dans la vision de ces enfants, je suis enchantée par tant d’intérêt et d’excitation face aux toiles !

A la fin du chemin de lecture les enfants devaient retrouver les parties de l’œuvre dans le tableau en entier, ils couraient dans la galerie faisant des va-et-vient incessants entre chaque tableau. La galerie devenait tout à coup très vivante et fourmillait de cris, d’attention et d’interrogations ! Le lieu démocratisé devenait un espace de jeux et de découvertes…Un jeune garçon m’a interpellée en me disant « il y a tellement de couleurs que tout se mélange dans ma tête mais ça fait du bien !!! ».

Le ciné-goûter s’est conclu sur une pose photographique des enfants avec leur portrait dans un décor reconstituant l’atelier du peintre.

Julie Arnault.

Impressions du peintre :

« Martin , le projectionniste me dit de prendre un rehausseur comme les enfants, il rit.

Je m’installe dans la salle de cinéma, après avoir salué la joyeuse compagnie du centre des arts. Julie présente le film à l’assemblée d’enfants et de parents majoritairement, et me présente comme le peintre qui allait animer l’atelier et exposant ses tableaux au 1er étage.

Un enfant soudain approche de moi et me demande assez fort « on peut voir vos tableaux au Musée d’Orsay ? J’y vais bientôt avec maman.»

Je lui répond « non » amusé. Une mère devant : « pas encore, et ils sont tous morts ».

Je n’avais pas pensé à la mort des peintres au musée d’Orsay, lors de ma dernière visite. J’aurais pu dire à l’enfant qu’un certain Anquetin Louis a deux tableaux à Orsay et que je ne le connais pas plus, mais que par rapport à son contemporain Van Gogh il fait pâle figure. Après le film, j’arrivais sûr de ma technique du collage avec papiers de récup’ sur carton.

Debout devant les enfants, je perdis tous mes moyens, déchirant maladroitement de la main le papier et peinant à ouvrir un tube de colle déjà ouvert. Enfin je collais deux yeux sur le carton. J’entrais dans la ronde des enfants de 6 à 9 ans.

Mon petit voisin Ilyes me dit qu’il ne sait pas dessiner, je lui dis de dessiner une tête, je lui montre mon visage, de s’inspirer du visage de son cousin Yanis. Plus tard je me rendis compte qu’il avait peint les rides d’expression que je lui avais montrées sous mes joues. Les deux cousins déchirèrent à la main de petits bouts de papiers qu’ils collent ensuite pour faire des yeux. Puis viennent le nez la bouche en collage.

Je leur dis de commencer avec une couleur, puis une autre en ayant nettoyé à l’eau le pinceau. Je leur imposai cette contrainte. Cela dura un instant puis vinrent les mélanges, le rose, le orange. Ilyes, vite autonome, réalisa un portrait à la Modigliani (le visage de la pas-finie du film Le tableau qui est amoureuse du tout-peint libre).

Une petite fille à ma droite refusa le principe du collage, elle peignit un masque africain rouge. La jeune femme qui était sa maman, me dit qu’elle a des origines Africaines.

En face un petit garçon a l’air perdu, il hésite. Je lui montre le découpage à la main, il a compris. Il réalisa un portrait où la tête prenait tout l’espace, de petits yeux comme l’autoproclamé chef des tout-peints, et du monde du Tableau.

A sa gauche une petite fille avait déjà réalisé son collage peint, avec une grande liberté.

Une grande bouche en papier torsadé et aplati, des cheveux de cartons, un visage rond, plus gros que celui de la petite fille. Elle a les mains pleine de colle, elle s’est bien lâchée.

Un petit garçon peint en noir. Une masse noire rectangulaire et angoissante.

Sur l’autre table une jeune fille plus grande fait un collage délicat, elle compose posément.

Un autre enfant peint sur le collage qu’il a réalisé, orange et rouge. Je lui dit qu’il peut encore faire un portrait sur le fond qu’il a peint, il peint rapidement en noir des yeux, un nez, une bouche, une tête.

Chaque enfant repartant de l’atelier avec un carton peint, représentant pour la plupart un visage. Visages tout-peints, visages pas-finis, visages de ruffs, tout à la fois, mais comme dit le peintre du Tableau « l’essentiel est là » ».

Jean-Yves Anquetin.

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